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LES ORIGINES DU VAMPIRISME

 

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Les hommes de Néandertal, qui enterraient déjà leurs morts, prenaient la précaution de leur lier les genoux contre la poitrine ( les cultures andines d’Amérique du Sud font de même). Mais c’est surtout dans l’ancienne Egypte que les préparatifs et les soins aux défunts étaient les plus sophistiqués. Datant de 4000 ans, certains hiéroglyphes découverts sur les murs de la pyramide de Saqqarah décrivent les rituels et les incantations nécessaires pour que le mort puisse passer « de l’autre côté ». Le Pert em Hru ou Livre des Morts est un guide qui aide au passage des âmes dans l’au-delà.

 

LES PREMIERS VAMPIRES

 

L’oeil d’Horus

 

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Une gravure sur un vase préhistorique, reproduite dans le très distingué journal Délégation en Perse (découverte d’une mission archéologique française en Perse), montre un homme copulant avec ce que l’on peut interpréter comme un mort-vivant. La tête du reveant a été décapitée et l’on pense que cette image faisait office de message adressé aux vampires afin qu’ils se tiennent à distance, sous peine d’inévitables conséquences.

Les écrits les plus anciens sur des entités vampiriques remontent aux royaumes de Babylone et d’Assyrie (second millénaire avant J.C.). Il existait alors une hiérarchie d’esprits- spectres, demi-démons et démons-, parmi lesquels des créatures, apparentées aux vampires, pouvaient sortir de leur tombe et molester les vivants. On trouve, par exemple, l’ UTUKKU et surtout l’EKIMMU.

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Les Babyloniens ont aussi produit une des premières représentations d’un vampire, étonnament comparable à celle trouvée sur le vase préhistorique: l’image, gravée sur un sceau cylindrique, est celle d’un vampire femelle à califourchon sur un homme endormi. Au-dessus d’eux se tient un troisième personnage, brandissant une dague ou un pieu- une fois encore, un avertissement aux entités malignes pour qu’elles ne s’approchent pas, sous peine d’être exécutées. Les cylindres, utilisés pour imprimer une « signature » personnalisée et unique sur des tablettes d’argile molle, indiquaient, comme les bagues-sceaux, le statut social du signataire. C’est pourquoi on peut affirmer que le propriétaire de cet objet craignait tout particulièrement les attaques de vampires.

Personnes considérées à Babylone comme des vampires potentiels:

_ les femmes qui meurent vierges

- les femmes qui meurent en allaitant

- les hommes célibataires

- les hommes méchants

- tout défunt sommairement inhumé

- tout défunt sans sépulture

- les prostituées

LES VAMPIRES DANS L’ANCIENNE EGYPTE

 

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Les anciens Egyptiens étaient hantés par la crainte que leur âme ou esprit pût souffrir dans l’au-delà si leur corps ne recevait pas tous les soins requis. L’âme errante qui ne trouvait ni repos ni subsistance au Ciel risquait de revenir hanter les vivants. Ce qui laisse à pense que le vrai vampirisme puise ses origines dans le delta du Nil.

Pour les anciens Egyptiens, chaque être humain était composé de différentes âmes ou états de conscience. On estimait que l’humanité avait 9 aspects différents, chacun bien distinct, un peu comme les sens.

_ Le KHAT

_ Le BA

_ Le KA

La véritable immortalité ne pouvait être atteinte que lorsque le Ka et le Ba étaient réunis dans l’au-delà. Pour que la chose fut possible, le Ka exigeait non seulment un corps non corrompu mais aussi des offrandes permanentes de fleurs, d’aromates, de nourriture et de boissons. Une chambre dédiée au Ka était aménagée dans les tombeaux où un prêtre, affecté à temps complet, procédait aux libations quotidiennes. Si le Ka n’était pas satisfait, il risquait de quitter le tombeau et, sous la forme d’un Kama-Rupa, de se mettre en quête de matières fécales, urine, eau saumâtre ou carcasse animale en putréfaction.

LES VAMPIRES AU MOYEN AGE

 

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Gilles de Rais

Au passage de l’an 1000, une véritable épidémie de vampirisme frappa tout le monde connu et cette époque devint celle de l’antéchrist. Newburgh rapporte l’histoire, parmi d’autres, d’un aumônier « manifestant peu de respect pour son ordre sacré ». A son décès, le clerc apostat sortit de sa sépulture pour terroriser sa maîtresse, qui ,de son côté, demanda protection auprès de deux prêtres. Le revenant, traqué jusque dans sa tombe, reçut des coups de hache puis fut réduit en cendres. Au cours des siècles qui suivirent, de nombreux cas similaires furent rapportés dans toute l’Europe.

Gilles de Rais, noble du XVe siècle, ancien compagnon de Jeanne d’Arc, s’adonna avec délectation à des actes de sauvagerie sadique, de cruauté sexuelle et de cannibalisme qui lui valurent la réputation d’un vampire assoiffé de sang. Versé dans les pratiques de magie noire, il fut accusé d’avoir « invoqué et conjuré les esprits maléfiques » pour qu’ils l’aident à tuer plus de 800 personnes, pour la plupart des enfants. Il fut finalement emprisonné en 1440 et condamné au bûcher.

LES VAMPIRES SOUS LA REFORME

 

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Elizabeth Bathory

Jusqu’à la réforme, révision du dogme catholique au XVe siècle, les cas de vampirrisme ne firent l’objet que d’anecdotes citées par divers chroniqueurs. Tout changea avec les sanctions papales visant bon nombre de publications qui décrivaient le phénomène vampirique et les moyens de s’en prémunir. Les vampires acquirent donc une reconnaissance officielle grâce à celui qui aurait dû être leur ennemi naturel.

Le premier ouvrage traitant sérieusement de l’occulte fut le Malleus maleficarum (« Marteau des sorcières ») publié en 1487. Ses auteurs y prodiguaient leurs conseils pour chasser les vampires et les sorcières. Une période d’hystérie commença où l’on tortura, noya, pendit et brûla à tour de bras. D’autres ouvrages suivirent comme Démonologie de Jacques VI (1597) ou De quorumdam Graecorum opinationnibus par Leo Allatius (1645). Il y eut encore An Antidote against Atheism (1652) d’Henry More.

Elisabeth Bathory (v. 1560-1614) ne s’est peut-être pas désaltérée du sang de ses victimes (bien qu’on n’en ait pas la preuve formelle) mais, à coup sûr, elle se baignait dedans. Née au sein d’une puissante famille hongroise, Elisabeth gagna san sanguinaire surnom en torturant et en saignant à blanc des jeunes filles. Persuedée que leur sang aurait des effets bénéfiques sur sa peau vieillissante, elle s’en recouvrait ou en aspergeait régulièrement son corps. Comme Gilles de Rais avant elle, Elisabeth Bathory n’était pas un vampire. On pense qu’elle avait dû être initiée à la magie noire.

LES EPIDEMIES DE VAMPIRISME

Dans sa très influente Dissertatio historico-philosophica de masticatione mortuorum (« Dissertation historique et philosophique sur la mastication des morts ») 1679, Philip Rohr soutient la thèse qu’il existe une explication satanique au phénomène. A partir de ce moment, le vampirisme sembla se répandre sur toute l’Europe. On exhumait les cadavres à tour de bras. Les connaissances médicales en matière de décomposition des corps étant très faible, les maladies se propageaient très facilement. On accusait alors le Diable et ses suppôts.

En 1725, un paysan serbe du nom de Peter Plogojowitz mourut à l’âge de 62 ans et ressortit de sa tombe 3 jours plus tard. A minuit, il rendit visite à son fils pour lui demander à manger et se vit aussitôt offrir un bon repas. Il revint deux nuits plus tard, mais cette fois le fils refusa de le nourrir. Le lendemain, on retrouva ce dernier mort, et des villageois se plaignirent d’avoir été tourmentés par Plogojowitz dans leurs rêves. S’ensuivirent une léthargie et une anémie générale et, en à peine une semaine, 9 autres personnes étaient décédées. Plogojowitz était de toute évidence un vampire qu’il fallait détruire. On exhuma le corps, que l’on trouva vermeil et rebondi. Du sang s’écoulait de la bouche, et les ongles et les cheveux avaient continué de pousser. Quand on transperça le coeur d’un pieu, la tombe se remplit de sang. On éleva alors un bûcher, sur lequel Plogojowitz fut réduit en cendres. puis ses victimes furent réinhumées, avec, comme protection, de l’aubépine et de l’ail. A la suite de cela, les attaques nocturnes cessèrent.

LES RAPPORTS OFFICIELS

 

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Dom Augustin Calmet

Au début du XVIIIe siècle, les vampires s’étaient infiltrés dans les couches supérieures de la société, des universités aux académies militaires et des églises aux cours royales. Des témoignages toujours plus nombreux se faisaient connaître. Même jusqu’au Nouveau Monde d’où les Conquistadors rentraient avec des histoires de CIVATATEO. Parmi les ouvrages, bertains concernaient les habitudes alimentaires des morts-vivants comme De masticatione mortuorum (« De la mastication des morts ») 1728 et Tractatus von dem kauen und schmatzen der toten in gräbern (« Traité de la mastication des morts dans leur tombe ») 1734 par Michael Ranft et Dessertatio de hominibus post mortem sanguisugis (« Dissertation sur les morts qui boivent du sang ») 1732 par Johann C. Rohl et Johann Hertel. L’église apporta sa contribution et publia en 1746 le Traité sur les revenants en corps, les excommuniés, les oupires ou vampires, BROUCOLAQUES de Hongrie, de Moravie etc. de Dom Augustin Calmet.


 

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Le mythe de Paole

Il existe peu de cas de vampirisme aussi bien documenté que celui d ‘Arnold Paole. Soldat serbe, ce dernier revenait d’une mission en Grèce, pays infesté par les revenants. En 1728, il tomba malade et décéda, mais pas avant d’avoir raconté l’expérience qu’il avait connue là-bas: une attaque de vampire. Il était enterré depuis un mois lorsqu’on le vit errer nuitamment dans le village. Beaucoup de gens se plaignirent d’être harcelés par ce corps ranimé, certains trépassèrent même dans des conditions mystérieuses. Suspecté de vampirisme, Paole fu t exhumé. On le trouva « les mâchoires grandes ouvertes, les lèvres maculées de sang frais ». On répandit de l’ail sur son cadavre et on lui enfonça un pieu dans la poitrine? Les corps de ses supposées victimes furent également exhumés et reçurent le même traitement « réparateur ».

LES VAMPIRES ET LE SIECLE DES LUMIERES

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Fritz Harmann et Peter Kürten

Le Siècle des Lumières entraîna l’abandon de nombreuses coutumes ancestrales et l’avènement d’un nouvel âge féru de science et de raison. Un des philosophes les plus éminents de l’époque, Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), avança l’idée que les vampires n’existaient pas dû au fait que des rapports et autres certificats de notables venaient expliquer la plupart des situations dites maudites et diaboliques.Le mot vampire désignait alors les tueurs en séries comme Fritz Haarman (« le vampire de Hanovre ») ou Peter Kürten (« le vampire de Düsseldorf »)

2 commentaires à “LES ORIGINES DU VAMPIRISME”

  1. Nadej dit :

    Impressionant ! je me demande ou tu a pu trouver autant d’info sur les vampires dans le foutoir de conneries que peut etre internet. En tout cas ta documentation ma laissé sur le cul (si tu permet l’expression ^^) moi qui me prenait pour une folle de penser intimement qu’existent réellement des choses qui dépasse l’humain.Je serai ravi si tu pouvais partager d’autre info avec moi via e-mail. Bonne continuation …

  2. boussemaere dit :

    merci beaucoup pour cet encouragement. Tout ça résulte de nombreux livres lus et d’un amour inconditionnel pour les vampires depuis plus de 10 ans. Je serais ravie de communiquer toues mes infos avec d’autres irréductibles fans. Merci encore!!

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