LA TENTATION TWILIGHT

« Ces plaisirs violents ont des fins violentes.

Dans leur excès, ils meurent

Tels la poudre et le feu,

Que leur baiser consume.« 

 

C’est avec cette citation de Shakespeare, tirée de Roméo et Juliette, la tragique histoire d’un amour immortel entre deux jeunes amants que vient contrarier le destin, que Stephenie Meyer débute la saga Twilight: Tentation, le deuxième tome des aventures de Twilight.

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« Au départ, en tournant Twilight: Chapitre 1, notre souci était de faire un film qui ressemblerait à ce que les millions de lecteurs avaient imaginé, explique Erik Feig (président production et acquisitions chez Summit Entertainment). Les gens ont accepté notre film en tant que tel, et non comme substitut du livre; ils ont adoptés notre version d’Edward et de Bella, autant que l’Edward et la Bella dont ils avaient rêvé. Twilight: Chapitre 1 devait transmettre l’idée de l’amour au premier regard et Catherine (Hardwicke, réalisatrice de Twilight: Chapitre 1) a très bien réussi ce pari. Pout Tentation, la problématique était différente: comment traduire le sentiment d’abandon et de déchirement? Il s’agit d’une expérience émotionnelle intérieure, parfaite pour une oeuvre littéraire, mais difficile à rendre à l’écran. En plus, nous devions désormais répondre à 2 attentes: le film devait correspondre à ce que les lecteurs du 2ème opus de la saga avaient à l’esprit, mais également renouer avec l’expérience visuelle, intense et romantique du 1er film.« 

 

« Edward est en quelque sorte un vampire malgré lui. Agé de 17 ans, il s’est transformé en vampire près de 100 ans auparavant et n’a jamais vraiment trouvé sa place dans le monde. Il ne sait pas qui il est ni quel est le but de son existence. Bella Swan l’ouvre à nouveau au monde. Twilight se termine sur une note légère, tout est bien qui finit bien, avec Bella et Edward réunis. Mais, en réalité, ils ont plein d’ennemis et leur relation n’est pas si simple. Dans Tentation, c’est cet aspect-là qui est abordé, de même que l’évolution de leur couple, explique Robert Pattinson (Edward Cullen) »

 

LA TRANSITION

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Le film se caractérisait par de nouveaux départs. Seuls les producteurs et la scénariste Melissa Rosenberg ont joué les prolongations après le premier film et toute une nouvelle équipe de production  a été mise en place. Une période d’incertitude, certes brève mais très agitée, a suivi la fin du tournage de Twilight, les fans (les « Twilighteurs ») se demandant si Catherine Hardwicke reprendrait le flambeau pour la suite. La réponse officielle début décembre, négative, est vite venue couper court à toute spéculation. L’un des points de friction était que la réalisatrice voulait s’investir davantage dans le scénario. Or, du point de vue du studio, le temps était un luxe qu’on ne pouvait pas se permettre. « Catherine s’était impliquée à plein temps, 7 jours sur 7 et  24 heures sur 24, pour que le film sorte à temps dans les salles, puis dans la campagne promotionnelle, indique Wick Godfrey (producteur), et il était évident pour le studio et nous-mêmes que Tentation devait sortir autour du 20 novembre 2009. C’était un impératif. Les fans comptaient dessus!« 

 

« Tourner dans une saga comme Twilight, nous explique Taylor Lautner (Jacob Black), est une opportunité qu’on n’a qu’une fois dans sa vie et j’ai la chance d’y participer. Pendant le tournage du 1er film, on n’imaginait pas du tout ce qui allait se passer. On disait: « Ca va être un film sympa, pourvu que ça plaise au public.  » Le succès du film a été complétement fou et totalement inattendu. Je crois qu’aucun d’entre nous ne l’a vu venir, alors passer de la fin du tournage de Twilight à celui de Tentation, qui est assez différent, c’est comme d’être embarqué sur un grand 8. Maintenant, on sent (en tous cas, moi) un peu plus de pression. On se dit: « Ouh la la, on est en train de créer un phénomène. Les fans comptent sur nous. Ils disent: « Vous avez fait quelque chose de bien avec Twilight, il faut que vous fassiez encore mieux avec Tentation. »

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NOUVELLE EQUIPE

Toutes les intrigues et rebondissements de ce nouveau volet allaient nécessiter des tonnes d’effets spéciaux, visuels et graphiques, et un lourd travail d’infographie et de numérisation d’images. Comme dans le premier film, le tournage s’effectuerait dans de vrais décors, cette fois-ci à Vancouver, au Canada, et dans la ville toscane de Montepulciano, en Italie. Cette dernière remplacerait Volterra, ancienne cité fortifiée dont Stephenie Meyer avait fait le lieu de résidence des sinistres Volturi.

 

Il est vrai qu’on aurait pu recréer ces sites et utiliser des « fonds verts » (comme dans les films stylisés du type Sin City ou 300), mais le mot d’ordre sur Tentation était de coller au plus près à la réalité. »L’un des aspects les plus appréciés des romans de Stephenie est son réalisme, note Wyck Godfrey. Il y a des vampires, d’accord, mais ils vont au lycée! Alors, tourner Tentation de la même façon que 300 ne rimerait à rien pour ses fans. On ne voulait pas reconstituer un bout d’Italie en studio, mais retrouver en vrai la grande place qui est décrite dans le roman. Une reconstitution n’aurait pas transmis le même sentiment de réalité, ni donné au public l’impression d’être emmené dans un endroit où il n’avait jamais mis les pieds. « 

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Etant donné les multiples impératifs de prodcution (comédie dramatique, dimension psychologique des personnages et grand spectacle avec effets spéciaux), Summit Entertainment a choisi de s’adresser au réalisateur Chris Weitz, qui avait montré les multiples facettes de son talent avec des films aussi différents que la comédie dramatique Pour un garçon (2002) ou le film fantastique A la croisée des mondes (2007), 2 films sur lesquels il était à la fois scénariste et réalisateur. »Erik Feig et moi-même connaissions déjà Chris Weitz et nous sentions à l’aise avec lui, ajoute Wyck Godfrey. C’est un scénariste et un réalisateur qui comprend les personnages et a déjà adapté des romans, donc rester fidèle à l’esprit d’un livre ne lui pose aucun problème, c’est dans ses gènes! En outre, nous savions qu’il était capable de gérer un film de cette taille avec des effets visuels, puisqu’il l’avait prouvé avec A la croisée des mondes« 

 

Outre Chris Weitz, l’équipe de production intègre le chef décorateur David Brisbin et la directrice artistique Catherine Ircha, qui avaient déjà collaboré sur Le jour où la Terre s’arrêta, en 2008. Le directeur de la photographie Javier Aquirresarobe venait de travailler sur l’adaptation d’une oeuvre littéraire, La route,de Cormac McCarthy. Chris Weitz a également emmené dans l’aventure le monteur Peter Lambert, qui avait principalement travaillé sur des films britanniques indépendants. Quant à la créatrice des costumes Tish Monaghan, la chef maquilleuse Norma Hill-Patton et le styliste coiffure Thom McIntyre, leur mission consiste à aider les acteurs à entrer dans la peau de leurs personnages. Susan MacLeod, responsable des effets visuels et productrice, a relevé l’immense défi que représentaient les effets visuels (loup-garous et leur transformation, action des vampires et leur apparence, et autres artifices magiques) Ayant déjà travaillé avec Chris Weitz comme productrice des effets visuels sur A la croisée des mondes, elle fit appel à Tippett Studio, agence spécialisée en effets visuels et en création de monstres, pour créer les loups numérisés, et confia à Prime Focus de Vancouver le soin de s’occuper des vampires et des effets censément « invisibles ».

 

DU ROMAN AU FILM

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Dès le départ, les maîtres mots ont été « planning agressif ». Pour arriver à tenir la date de sortie prévue le 18 novembre 2009, le tournage s’est déroulé à Vancouver du 23 mars au 21 mai 2009, avant de se poursuivre en Italie du 25 au 30 mai 2009. Début décembre 2008, dès l’annonce que Catherine Hardwicke ne réaliserait pas la suite, Erik Feig, le président de Summit Entertainment, aurait déclaré: « Nous sommes en mesure de suivre un planning très serré, puisqu’il s’agit de l’adaptation d’un roman. Ce n’est pas comme si nous avions créé le scénario de A à Z. »

 

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Alors que Twilight passait à peine en postproduction, Melissa Rosenberg s’attelait déjà au scénario de Tentation. Avant même la sortie du premier film sur grand écran, elle avait livré une première épreuve. Son marathon d’écriture s’est déroulé de juin à octobre 2008, période pendant laquelle elle travaillait toute la semaine comme producteur délégué et scénariste principale de la série Dexter, et réservait ses week-ends à Tentation. « Je m’installais à mon ordinateur à 10 heures du matin et j’y restais collée juqsu’à 6 heures du soir, se souvient-elle. Je travaillais chez moi en regardant les arbres par la fenêtre,  mon chien à mes pieds, et mon mari m’apportait de quoi grignoter dans la journée. Je tapais au kilomètre sans m’arrêter, de façon très concentrée. J’ai commencé par un synopsis de 25 pasges très condensé, et ça, c’était vraiment difficile. Le synopsis, c’est là que vous donnez la trame de l’histoire et la structure de chaque personnage. »
« Pour Twililght, j’essayais  d’éviter de penser aux milliers de fans, mais pour Tentation, ce n’était plus possible, explique la scénariste. Eux, ils ont adoré les romans, alors si vous arrivez à les faire rêver de la même façon avec les films, c’est gagné. Sur une saga comme celle-ci, c’est comme si vous écriviez pour une série télé, avec Twilight comme pilote, qui a donné le ton et a été une découverte pour tout le monde. Mais maintenant vous connaissez les acteurs, la langue, le ton et l’action. »

L’une des quelques scènes transposées quasi directement du roman au scénario est celle du rêve de Bella, au début du livre, où elle voit Edward, « d’une beauté fracassante, figé dans l’éternité dans ses 17 ans. », comme l’écrit Stephenie, alors qu’elle-même est devenue une vieille femme. Dans ce cas, il  suffisait d’ « épurer », selon la scénariste.

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En revanche, pour le passage à l’écran des hallucinations auditives de Bella, qui entend la voix d’ Edward résonner dans sa tête, elle a décidé de les transcrire en hallucinations visuelles. La première « apparition » renforcerait visuellement et émotionnellement l’un des points forts de l’histoire. Dans le roman, Bella entend la voix d’Edward la mettre en garde lors d’une nuit dans la ville de Porte Angeles, alors qu’elle est observée par 4 hommes. Dans le scénario, Melisse Rosenberg, représente ces hommes avec des motos. « C’est la première manifestation de l’apparition d’Edward en tant que protecteur, et pour des raisons cinématographiques, ce moment devait être significatif. Il ne fallait pas que Bella soit juste en train de marcher devant ces gars, il fallait qu’elle fasse quelque chose de dangereux, explique Melissa. J’ai ajouté les motos, parce qu’elle fait la téméraire en grimpant dessus, mais aussi parce que la moto devient un enjeu important dans sa relation avec Jacob. Ca fonctionne vraiment bien, car elle garde les motos de Port Angeles à l’esprit, puisque c’est justement cette situation qui a provoqué l’apparition d’Edward. Il sagit d’un leitmotiv visuel. »

Quelques épreuves plus tard, fin 2008, le script de Tentation est accepté. Dès janvier 2009, la course à la production commence.

 

LA PREPARATION

 

Chris Weitz a commencé l’année 2009 en lisant Tentation, puis a été emporté dans un tourbillon de folie. « En fait, comme je n’avais pas lu la saga Twilight, j’ai profité des vacances de Noël pour lire Tentation, et j’ai fait comme tout le monde… Je l’ai dévoré d’une seule traite, en un jour et demi! Tout de suite après, je m’envolais à Vancouver avec ma famille.  C’était précipité, mais dans le bon sens du terme. J’avais environ 8 semaines de préparation, délai normal pour un film classique avec des êtres humains normaux. Mais pour un film présentant une telle complexité, avec des effets visuels et des décors particuliers, c’était plutôt juste! Mais on s’est débrouillés. Il y avait autour de 450 effets visuels, soit moins que dans mon précédent film, A la croisée des mondes, mais ça n’allait pas se faire en claquant des doigts. »

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LA PROBLEMATIQUE JACOB BLACK

L’une des grandes questions (vite résolue) de préproduction concernait l’identité de l’acteur qui jouerait le personnage de Jacob Black. Taylor Lautner avait été l’une des stars de Twilight, mais vu son physique plutôt fin, pourrait-il continuer à incarner le Jacob de Tentation, dont la carrure et la musculature augmentent soudainement avec son passage au statut de loup-garou? « Pendant qu’on tournait Twilight, je savais comment mon personnage allait évoluer, donc j’étais conscient qu’il allait falloir que  je change à plusieurs niveaux, affirme Taylor Lautner. Alors, dès la fin du tournage, j’ai commencé à faire de la musculation comme un fou et j’ai pris 15 kilos. Je m’entraînais une heure le matin et une heure et demie le soir. J’ai même été amené à changer un peu mon programme parce que j’en faisais trop et que je commençais à maigrir. J’ai alors un peu réduit l’allure et j’ai repris du poids. C’était vraiment du boulot. « 

Le producteur Wyck Godfrey reconnaît que la morphologie de Taylor aurait effectivement pu constituer un problème, mais que changer de comédien n’était pas souhaitable. « Dans le livre, Jacob doit se transformer en loup-garou, et on s’est tout de suite dit que si visuellement l’acteur ne pouvait pas traduire ce changement physique, nous serions coincés et devrions en trouver un autre. Mais après la sortie de Twilight, Taylor est venu nous voir et nous a dit: « Regardez un peu ce que j’ai fait! » A son âge, le corps est très malléable si vous vous donnez la peine de le faire travailler et je ne peux que saluer la performance de Taylor. »

« J’adore Taylor, nous confie Kristen Stewart (Bella), c’est mon ami, et c’est vraiment très bizarre de parler de ses amis en interview. Franchement, je trouve que c’est lui, plus que quiconque, qui ressort le plus dans le film. Ce qui est drôle, c’est qu’il est censé se transformer dans Tentation, et c’était super de voir qu’il l’a fait dans la vraie vie. Il est en train de devenir quelqu’un de vraiment bien, qui joue superbement. Je suis tellement contente de pouvoir retrouver tous les jours sur le plateau quelqu’un en qui je peux avoir une entière confiance!« 

 

 

DEFINIR L’AMBIANCE

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Pour Tentation,Chris Weitz a imaginé une palette de couleur chaude. Il a puisé son inspiration chez les préraphaélites, 7 peintres et artistes anglais qui avaient fondé en 1848 une communauté artistique autour d’un rêve commun. « Chris Weitz est l’un des réalisateurs doué du sens de l’esthétique le plus développé avec lequel il m’ait été donné de travailler. C’est un passionné qui a une grande connaissance de l’histoire de l’art, affirme David Brisbin. Il avait des idées très précises sur la couleur, le rendu visuel et l’atmosphère. Nous nous sommes éloignés des couleurs de Twillight, parce que nous abordions une autre phase de l’histoire et qu’il nous paraissait juste de le signaler visuellement. Pour l’ambiance générale du film, il nous a orientés vers les peintres de l’ère victorienne, notamment les préraphaélites et les oeuvres de Dante Gabriel Rossetti et Edward Burne-Jones. »

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« Le premier film de la saga introduit une couleur, ajoute le directeur de la photographie Javier Aguirresarobe. Dans ce deuxième film, nous avons voulu rompre avec la tonalité bleutée. Comme Chris Weitz souhaitait travailler sur une autre esthétique, nous sommes arrivés à une ambiance dorée, qui devait servir de fil conducteur à toute l’équipe. Nous avons suivi l’esprit des peintures italiennes et notre palette de couleur (doré, orange, jaune-vert et tons neutres, gris et noir) a servi de base à notre collaboration inter-départements, depuis les décors et les costumes jusque, bien sûr, à la photographie. C’est un film d’aspect plus chaleureux, avec un langage se rapprochant du romantisme. »

« Peintres anglais victoriens, ils prenaient pour modèle la peinture italienne de la Renaissance en matière de symboles, de couleur et de disposition, explique Chris Weitz. Leurs oeuvres présentaient des teintes raffinées comme on voir dans les peintures de la Renaissance, mais eux-mêmes portaient un regard sentimental sur le passé. La période victorienne elle-même était romanesque et sentimentale, d’une façon très similaire aux romans de Stephenie Meyer. La palette de couleur adoptée a rendu les images plus nettes. Nous recherchions vraiment une large gamme de couleur et des noirs très foncés, une couleur très saturée, qui nous éloigne de la tendance actuelle à la désaturation. En termes de peinture, cette technique correspondrait à la pose d’un vernis. D’une certaine façon, il s’agit d’ un film à l’ancienne. Notre réflexion nous a incités à utiliser des couleurs spécifiques à certains moments de l’histoire. Par exemple, même si la maison de Jacob est rouge et que le lit de Bella est recouvert d’une couverture rouge, cette couleur n’est pas dominante jusqu’à la scène du festival sur la place de Montepulciano. Et là, la place se transforme progressivement en une flaque rouge. Voilà jusqu’où nous avons poussé le raffinement visuel.« 

 

LA TECHNIQUE AU SERVICE DES PERSONNAGES

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« J’ai décidé assez tôt que je voulais des mouvements de caméra différents selon le type de relation qui se déroulait à l’écran, explique Chris Weitz. Ainsi, quand Bella se trouve avec Edward, la caméra se déplace sur une chariot travelling, de façon très linéaire, sur un axe x-y-z très rigide, car leur relation est basée sur les contraintes et les restrictions. En revanche, quand elle est avec Jacob, nous avons utilisé une Steadicam, qui est fluide et naturelle, et quand elle est avec ses camarades de lycée, la caméra est plutôt portée, ce qui permet une sorte de langage visuel familier. En outre, Javier adore filmer au téléobjectif, ce qui donne de magnifiques portraits avec des arrière-plans plus doux, transmettant l’intégralité de l’espace, de sorte que le spectateur voit tout. »

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LES DECORS

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Même si l’équipe avait adoré Portland, il s’est révélé plus pratique de localiser le gros du tournage à Vancouver, qui est devenu au fil des années la référence en la matière, avec une infrastructure et un personnel de pointe au service des équipes de production. D’ailleurs, Gillian Bohrer rappelle que Vancouver avait été déjà pressenti comme endroit de tournage pour Twilight mais à l’époque le dollar américain avait chuté sous le dollar canadien, si bien que l’Oregon, qui a mis sur pied un programme d’incitation financière pour les réalisateurs, a pu récupérer le tournage de Twilight. »Tourner à Vancouver a fait une sacrée différence au niveau du budget, ce qui nous a permis d’ajouter de la valeur de production, explique Andi Isaacs (Vice-présidente exécutive et directrice de production chez Summit Entertainment). Non seulement le cadre de travail était plus convivial, mais l’environnement géographique était également magnifique, avec ses forêts et son temps gris. En même temps, nous ne voulions pas tricher sur les décors vus dans Twilight. Par exemple, nous avons carrément reconstruit la maison de Bella du premier film, car nous savions que si nous tournions Tentation ailleurs, nos fans ne manqueraient pas de le noter: c’est le côté « magie du cinéma ». Les avantages de se retrouver à Vancouver étaient si nombreux que ça valait le coup de recréer quelques décors. »

Il a fallu dénicher une réplique de la maison des Cullen, du lycée de Forks et même de la clairière magique dans laquelle Bella voit  pour la première fois Edward scintiller au soleil. Il a également fallu trouver de nouveaux lieux de tournage, comme la maison de Jacob. La production, en plus d’utiliser les installations de studios d’enregistrement, notamment pour un énorme décor reconstituant le grand hall de marbre des Volturi, a également fait appel au régisseur d’extérieurs Abraham Fraser, qui avait débuté sa carrière  comme assistant de production sur le pilote de la série X-Files, aux frontières du réel, tournée à l’origine à Vancouver.

 

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Gillian Bohrer, responsable développement chez Summit, se souvient du jour où elle a conduit Stephenie Meyer en studio pour lui dévoiler le somptueux hall des Volturi. Les acteurs jouant le rôle des Volturi sont apparus, de façon très théâtrale, pour la saluer.

« On ignore pourquoi, mais ce jour-là, quelqu’un avait allumé les lumières à l’autre bout du plateau, là où seraient les trônes, et lorsque les acteurs ont fait leur entrée, leurs silhouettes se sont découpées contre la lumière. Je leur ai présenté Stephenie, c’était vraiment un moment inoubliable. Ce décor était gigantissime et c’était tout à fait ce qu’imaginait Stephenie..Elle voit les choses en grand! »

La directrice artistique Catherine Ircha remarque que le décor des Volturi était prévu pour la fin du tournage à Vancouver, et devait être l’apothéose de tout le travail du chef décorateur.

« Le processus de conception du hall Volturi a commencé dès le premier jour« , explique t-elle.

« Faire la liaison entre ce que nous avons construit à Vancouver et des lieux existants impliquait d’extrapoler à partir de ce qui était décrit dans le livre et le script pour créer un espace servant les besoins de l’histoire à raconter, explique David Brisbin. Il y avait la séquence dans laquelle Bella pénètre dans le monde des Volturi, le saint des saints. Non seulement une telle organisation dépasse l’imagination, mais on ne conçoit même pas comment peut être leur lieu de vie, ni même comment on peut y accéder. Nous voulions un hall Volturi à couper le souffle, à l’encontre de l’imagerie traditionnelle des repaires de vampires, sombres, sinistres et suintants d’humidité. Selon les indices de Stephenie Meyer, il s’agissait d’un hall de marbre blanc. Par ailleurs, la place principale de Montepulciano dégage une belle sensibilité médiévale et nous sommes partis de là pour créer notre propre espace. « 

« Le hall Volturi était, pour David Brisbin, sa pièce maîtresse, ce décor énorme, tellement haut, large et imposant que vous en restiez boue bée, explique Catherine Ircha. Il mesurait environ 20 mètres de large, 12 mètres de haut, et un élément en effet visuel, que nous avons également conçu, rajoutait encore au moins 20 mètres de dôme. Cet espace puissant et monumental laissait beaucoup de latitude aux acteurs et auréolait les Volturi de gloire et d’éclat. L’effet de aux marbre a été un élément clé du décor. Lorsque les Volturi se rendent du balcon au hall principal, ils traversent un corridor de colonnes de bois, mais qui paraissent en marbre, poursuit-elle. David disait « J’aime bien c marbre vert avec ces veines, ou j’aime bien ce marbre gris avec ce veines. Nous avons réalisé énormément d’échantillons de textures et de marbres: le Duomo de Florence présentait beaucoup de similitudes avec ce que nous recherchions, des carreaux verts contre carreaux crème  ou gris.  En tout de cause, nous disposions de milliers de références, avec différents vieillissements et textures, et David a fait un mix de tout ça. Deux semaines avant le début du tournage, nous travaillions sur les échantillons de marbre et dès la troisième semaine de tournage, au lycée, nous avons été en mesure de montrer nos sélections  Chris et Javier. Ensuite, nous avons employé au moins 100 personnes à fabriquer du marbre es 3 semaines qui ont suivi. Ca a été un travail de titan. »

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Avec un délai de préparation particulièrement court avant le tournage fin mars, Abraham Fraser et son équipe se sont attelés au travail dans la semaine du 20 décembre  et ont passé la vitesse supérieure après les vacances.

Début janvier, Abraham Fraser, Chris Weitz et David Brisbin sont partis repérer les sites de Portland pour lesquels trouver un équivalent à Vancouver. Toutefois, à leur retour, les conditions climatiques s’étaient nettement dégradées. « Après une neige drue, nous avons subi un brouillard épais, qui a rendu notre premier mois de repérage éprouvant, se souvient Abraham Fraser. J’ai dû faire une croix sur certains lieux, comme une route que j’avais repérée pour la route de Forks, car elle risquait de se trouver encore enfouie sous la neige. Du fait de notre calendrier de tournage, je n’étais pas sûr que la neige ait disparu le jour J. Nous avons fini par choisir une autre route, plus au sud, moins en altitude et sans neige. »

Malgré cette déception, d’autres lieux de tournage de rêve apparurent tous seuls après le déneigement ou la fonte des neiges, par exemple la clairière magique, qui devient dans Tentation un lieu de terreur pour Bella. « Je connaissais un endroit parfait pour la clairière, et bien qu’il soit encore légèrement enneigé, son potentiel était là, raconte Abraham Fraser. Le réalisateur l’a immédiatement adoré. »

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« J’étais en train de tourner la scène de rupture avec Bella, raconte Robert Pattinson, cette scène très importante et très traumatisante, et tout à coup, on a té littéralement envahis de moustiques. Il y en avait partout! Et des géants! J’en avais sur le bout du nez et je ne pouvais rien faire! Ils n’ont pas arrêté de faire des piqués sur nous toute la nuit. Donc, on ne peut pas dire que ce soit mon meilleur souvenir de tournage, mais ça a quand même été une bonne rigolade!« 

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Le département de repérage a fini son travail préparatoire fin février, mais est resté impliqué pendant le tournage. Il préparait les lieux en s’assurant que toutes les parties concernées (commissariats, voisinage) étaient prévenues qu’une équipe de tournage équipée de caméras et de camions allait débarquer, et il gérait tous les contrats et autorisations nécessaires. Une pincée de « magie du cinéma » a été nécessaire pour les extérireurs du lycée et pour la cafétéria. Pour les extérieurs, un parking a pu faire l’affaire, mais il a fallu recréer des escaliers. Un fond vert a été utilisé pour que l’on puisse rajouter plus tard l’image du lycée d’origine. La cantine, bien qu’un peu différente, restait cohérente. « Nous voulions donner l’impression qu’on se trouvait dans la même école, mais nous ne pouvions pas montrer toute la salle, car elle n’était pas identique à celle de Twilight, souligne Abraham Fraser. Mais au moins, maintenant, nous savons où tourner les deux prochains films!« 

La résidence des Cullen était l’un des grands challenges, car celle de Twilight (baptisée la « maison Nike ») était une maison d’architecte vraiment unique. On a décider de rechercher dans la région de Vancouver une maison dont l’intérieur rappellerait les hauts plafonds et les parois de verre de la première, et qui serait également située dans la forêt. « La demeure des Cullen utilisée pour Twilight était très particulière, et la seule façon de nous en sortir était de situer les pans de l’histoire de Tentation dans d’autres endroits de la maison, explique David Brisbin. Nous sommes partis en repérage, mais j’avais dans ma manche une botte secrète, avoue Abraham Fraser. Je connaissais une maison entourée d’arbres, avec beaucoup de fenêtres, de grands open-spaces et des lignes épurées…Ca pouvait coller. »

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La première bande-annonce de Tentation faisait apparaître des extraits de la scène de la fête d’anniversaire de Bella, évidemment tournée dans la nouvelle maison. « Il y avait ces plafonds très hauts et ce magnifique escalier qui donne l’impression de descendre dans un nouveau monde, raconte David Brisbin. Il fallait que l’espace soit assez inhabituel, car cette scène représente une étape importante dans la vie de Bella. Elle est littéralement happée par une dimension magique, grâce à la fête que toutes les jeunes filles rêveraient d’avoir à son âge.« 

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Le travail des cascadeurs était compliqué parce qu’ils se trouvaient dans une maison réelle et ne pouvaient pas percer de trous pour fixer les câblages. J.J. Makaro, le coordinateur des cascades, explique que son équipe et lui-même ont été obligés de planifier avec précision et dans l’urgence le brutal accès de violence qui clôture la fête. Le réalisateur a commencé par filmer sa partie de la séquence avec les acteurs et la première équipe, et le lendemain, les cascadeurs sont venus jouer la partie action. « Nous avons eu de la chance, raconte J.J. Makaro, car la maison faisait preque 5 mètres de haut, et nous avons pu attacher tout notre attirail sous le toit. Comme c’était assez volumineux, il a fallu faire attention de ne rien laisser paraître à l’écran. »

« On n’a pas vraiment perdu de temps à trouver la maison de Bella, reconnaît Abraham Fraser. Même en Oregon, c’était une maison qui ne court pas les rues; elle a environ 100 ans et une architecte très particulière pour cette période…Les propriétaires eux-même n’en connaissent pas d’autre de ce style. Comme nous savions que trouver une maison  équivalente serait difficile, nous avons rapidement décidé d’utiliser les grands moyens et de recréer entièrement la maison. Nous avons choisi comme emplacement un parc peu fréquenté, dans une petite ville à la campagne, qui présentait la bonne implantation géographique avec une rangée d’arbres et une route d’accès. La production a construit une coquille vide, juste 4 murs, puis a coupé et planté des arbres devant la maison, dans un souci de cohérence avec le lieu original. Ce décor restera en place jusqu’à ce que nous ayons fini de tourner la saga.« 

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Dès que le site de la maison de Bella et Charlie a été trouvé, les équipes de conception et de construction se sont attelés à la reproduction de la maison  en elle-même. David Brisbin a qualifié ce défi d’exceptionnel par rapport au processus habituel, qui consiste à imaginer un décor et à le créer à partir de rien. « Il a fallu que nous prenions les mesures exactes de la maison sur le terrain, tandis que nous construisions l’intérieur en studio (le rez-de-chaussée et le premier étage), à Vancouver. En regardant à la loupe, on arrivera peut-être à repérer les endroits où nous avons triché, mais nous avons vraiment fait de notre mieux. Nous avons étudié les lieux de tournage de Twilight, et le plus important, le piétage du film (le repérage des images), pour analyser tout ce que nou avions filmé en repérage dans la journée. Dans Twilight, on a l’impression que la chambre de Bella donne sur la façade de la maiso, alors qu’en réalité, elle donne sur le côté droit, vue de face. »

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La maison de Jacob a été un véritable casse-tête pour le chef décorateur, qui essayait de respecter les indices visuels donnés dans les romans. « Dans les livres et le script, une maison rouge est mentionnée, et Bella évoque même une ferme de couleur rouge, se souvient David Brisbin. Nous avons trouvé un endroit près de Vancouver, que vous avons vu, le réalisateur, le directeur de la photographie et moi-même, comme l’endroit idéal. C’était une ferme, avec de la place pour réparer les motos et des arbres tout autour, dans un cadre magnifique. Mais le bâtiment était vert, nous nous trouvions dans un beau monde vert! J’étais en plein dilemme: profiter de ce lieu ou respecter l’idée de Stephenie Meyer?« 

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Finalement, nous n’avons pas eu besoin de trancher! Après avoir vérifié sous Photoshop que notre idée fonctionnerait, nous avons préparé le lieu pour le tournage et nous avons peint la maison en rouge. « Je leur avais montré le terrain, l’espace, se souvient le régisseur d’extérieurs Abraham Fraser, et la maison verte entourée d’une clôture. Le propriétaire élevait des chèvres. Nous avons retiré la clôture, peint la grange en rouge fâné, nous avons ajouté des touches d’art autochtone, des sculptures, etc., et nous avons fait traîner quelques vieilles remorques et des bateaux, pour donner une impression de proximité avec la mer. David Brisbin a recréé le décor pour qu’il corresponde davantage au personnage de Jacob. »

Le décor de la clairière où Bella rencontre Laurent est devenu le symbole de la difficulté à tourner dans une région au climat quelquefois imprévisible. Bien que Vancouver soit loin de détrôner Portland en matière d’histoires climatiques horribles ruinant un tournage, il est arrivé des moments où la production a dû faire appel à ce que le producteur exécutif Bill Bannerman appelle le « plan B ».

« Garder un suivi climatique était u défi sur ce film, explique ce dernier. En plus, la signature météo Twilight est très importante, il faut un temps couvert et humide, car les vampires ne peuvent pas s’exposer aux rayons directs du soleil. Il faut donc se préparer aux imprévus qui peuvent modifier les plans de tournage 5 fois au cours d’une même journée. Par exemple, nous avions une scène dans la clairière printanière, qui était censée être luxuriante, enfouie sous la végétation. Evidement, le jour J, il tombait des cordes, puis il s’est mis à neiger non-stop pendant 3 heures.Sans se laisser abattre, la production a remballé son matériel et est passée en une heure au plan B: un entrepôt à une encablure de la clairière, où la camionnette de Bella était montée sur une estrade contre un écran vert. En dépit de la neige, la production n’a pas perdu sa journée et a filmé Taylor et Kristen en train de rouler vers les falaises de La Push (on a fait du bricolage, en rajoutant par la suite l’environnement qu’ils sonr censés traverser). J’ai des plans B, C, D et E! Il faut simplement garder son sang-froid et ne pas paniquer. Plus vous avez d’expérience, plus vous pouvez anticiper le moindre scénario catastrophe. Je respecte à la lettre un conseil que m’a donné une fois un professeur: sans anticipation, aucun film n’est possible!« 

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Pour la cité de Volterra, il fallait que le décor en Italie soit non seulement une cité historique, mais s’adapte également  au récit, par exemple, que Bella et Alice puissent arriver en voiture par les ruelles pavées jusqu’à la place principale pour gagner la tour sous laquelle Edward a prémédité de s’exposer au soleil de midi.

« Nous ne voulions pas recréer un modèle 3D d’une ville italienne, nous confie Chris Weitz, ou filmer la tanière Volturi comme un décor sur fond vert, ce qui était possible. Si vous ne pouvez pas être réaliste, le public s’en rendra compte. Nous avons donc construit l’intérieur des Volturi en studio à Vancouver et tourné les extérieurs directement en Italie, à Montepulciano, ce qui a apporté une texture extraordinaire qu’aucune infographie ne permettrait, aussi bonne soit-elle. Il y a quelque chose dans les environnements existants dans l’espace réel qui n’échappe pas aux humains, même s’ils les voient par le truchement d’un écran 2D. »

L’équipe de repérage qui s’est rendue en Italie pendant la période de préparation de Tentation comprenait Wyck Godfrey, Chris Weitz, David Brisbin, Javier Aguirresarobe et Bill Bannerman.

« Nous avons exploré une douzaine de vieilles cités, essayant de trouver celle qui correspondrait le mieux à la description qu’en fait Stephenie dans le livre, avec cette place et son horloge, se souvient Godfrey. Nous voulions une ville avec un passé, pour qu’on puisse imaginer que les Volturi hantent ses souterrains depuis des siècles. Et nous désirions des ruelles pavées, des bâtiments dans lesquels il était possible de pénétrer, et bien entendu une grande place. »

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Le décor du grand hall de marbre des Volturi, construit en studio à Vancouver, serait compatible avec la ville de toscane de Montepulciano, finalement élue comme substitut parfait à la ville de Volterra, véritable cité médiévale que Bella, lorsqu’elle la découvre dans le roman, décrit comme entourée d’ »antiques remparts et tours couleur de sienne qui surplombaient l’à-pic. »

« Volterra avait une connotation plus médiévale , mais Montepulciano a une influence plus Renaissance… et qui dit Renaissance dit symétrie, dit Chris Weitz. Nous voulions également de la couleur rouge à la fin du film et la place principale est pavée de briques rouges, ce qui était parfait pour notre séquence de bravoure. En outre, pendant qu’Alice et Bella foncent en Porsche jusqu’ à la place principale, des perspectives magnifiques s’ouvrent, au bout d’allées ou de venelles, sur des vignobles et des prés verdoyants. »

Bill Bannerman compare habituellement l’art de la production « physique » à un jeu d’échecs. En l’ occurrence, ce jeu a pris des allures de plan de bataille à Montepulciano, avec notamment l’étude à la loupe de la carte de la ville pour anticiper tout problème logistique potentiel ou la recherche d’un type de dépanneuse susceptible de passer par une rue particulièrement étroite. Bill Bannerman a effectué un deuxième repérage avec une unité italienne de Tentation afin de traiter tous les problèmes logistiques, pendant que le chef décorateur et la créatrice de costumes procédaient également à des voyages préparatoires en Italie. Un petit hôtel fut réquisitionné comme quartier général pour la coiffure, le maquillage et les costumes, et les autorisations nécessaires furent accordées.

« Le tournage en Italie a exigé une bonne dose de préparation et de planification dans tous les départements, explique Bill Bannerman. La cité, vieille d’environ 1500 ans, est fortifiée et perchée sur une colline; S’étendant sur moins de trois kilomètres carrés, elle offre un espace très confiné et comprimé, avec des rues de la largeur d’une voiture. Lorsque vous arrivez dans des villes historiques, vous devez vous conduire avec respect et cette ville a un tel passé que cette aventure était très impressionnante. Nous avons bouclé le tournage principal à Vancouver un jeudi, une petite partie de l’équipe s’est envolée dès le lendemain pour l’Italie où nous devions commencer les prises de vue le mardi. Il a donc fallu abattre un énorme travail de préparation entre temps pour que tout soit en place le mardi matin, à l’arrivée des acteurs et du réalisateur. »

 

LE CHAGRIN DE BELLA

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Une des problématiques pour l’équipe de production était de savoir comment montrer la dépression dans laquelle sombre Bella après le départ d’Edward. Dans le roman, Bella décrit la séparation comme une succession de vagues de souffrance qui la submergent et l’engloutissent. Ensuite, le livre se compose de 4 pages quasi blanches, menstionnant uniquement les mois qui s’écoulent: « Octobre, novembre, décembre, janvier ». Ce passage du temps devait être représenté par un effet visuel dans le film, Kristen Stewart se tenant prostrée sur une chaise dans la chambre de Bella, tandis que la caméra tourne autour d’elle et montre le passage des saisons par la fenêtre. Pour ce faire, il a été nécessaire de retoucher un peu la reproduction jusqu’alors méticuleuse de la maison de Bella et Charlie. « Pour obtenir ce plan, il fallait qu’on puisse relier Bella à la fenêtre de sa chambre, explique David Brisbin, ce que ne permettaient pas les dimensions de la fenêtre d’origine. Nous l’avons donc agrandie, ce qui renforce le lien avec la forêt, si fort dans l’histoire. »

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« Nous avons appelé ce plan « le temps qui passe », relate Eric Pascarelli (responsable des effets visuels). La caméra est censée tourner 3 fois autour de Bella, à 360 degrés, et chaque fois que nous passons devant la fenêtre, un autre mois s’est écoulé.  Il a fallu faire correspondre des plans tournés par 2 caméras différentes: une centrée sur Kristen, et l’autre filmant la vue par la fenêtre, comme si elle était observée de l’intérieur. Notre première idée de faire des prises de vues en « Motion Control », un système informatique programmable et reproductible, qui permet d’intégrer dans une même séquence des éléments filmés séparément. Les différents éléments sont ensuite recomposés dans une seule image. Mais le décor de la chambre était trop petit pour accueillir l’équipement standard de Motion Control. »

« Susan a donc fait fabriquer un chariot de travelling sur mesure, explique Eric Pascarelli, auquel les opérateurs Paul Maples et Craig Shumard, de Pacific Motion Control, à Los Angeles, ont connecté sur place des petits codeurs. Les informations enregistrées ont ensuite pu être intégrées au système de Motion Control pour que le mouvement de caméra exact puisse être répété dans la chambre de Bella… Cette maison était en elle-même un plateau de cinéma très pratique, solide et capable d’accueillir des centaines de kilos d’équipement. La chambre de Bella se trouve au premier étage, nous y avons donc monté notre caméra Motion Control pour filmer de l’intérieur. Nous avons retité le cadre de la fenêtre pour avoir une belle ouverture sur l’extérieur, d’environ 2 mètres 50 de haut sur 3 mètres de large. »

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« Pour la vue de la fenêtre, nous avons pris 3 arrière-plans différents: un pour l’automne, un pour Thanksgiving et un pour Noël et l’hiver, ajoute Susan MacLeod. Quand Prime Focus a remplacé le fond vert du décor de la chambre par des vues extérieures, il a renforcé l’effet visuel en ajoutant des feuilles créées numériquement à « l’arbre de Jacob » et en ajoutant de la neige à l’écran. »

 

LE CADEAU D’ANNIVERSAIRE DE JACOB

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Une des inventions du film est le cadeau d’anniversaire qu’offre Jacob à Bella. Il vient sur le parking du lycée lui offrir un « dream catcher », c’est-à-dire un attrape-rêves, qu’on voit plus tard suspendu au lit de Bella; Chris Weitz avait précisé qu’il voulait un objet sans plumes. « Cet objet a été créé en plusieurs étapes, raconte Ellen Freund. Le tour et le filet du milieu ont été tissés par une artiste dans le Wisconsin. Sa conception inhabituelle et relativement complexe nous a tout de suite plu. Les perles ont été ajoutées sur place par Jenny McDonnell, qui a également créé la pochette de présentation en daim. Le loup en argent est l’oeuvre d’un artiste de Vancouver. »

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LES COSTUMES

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« Nous voulions que Bella reste ancrée dans le monde réel, avec une palette à dominante couleur terre, et conserver le contexte de la vie dans une petite ville comme Forks, explique la créatrice des costumes Tish Monaghan. En même temps, Kristen désirait que son personnage, qui a un an de plus, témoigne d’un peu plus de maturité. Nous avons gardé quelques pîèces fétiches du premier film, comme ses chaussures, quelques vestes et certains jeans. Mais pour afficher sa complicité avec Edward, elle s’habille dans la même gamme de couleur. Dans les scènes où ils jouent ensemble, avant le départ d’Edward, nous avons décidé d’orienter sa garde-robe vers des gris, des mauves et des bleus. »

Quand Edward la quitte, Bella sombre en plein désespoir. « Après le départ d’Edward, pendant la léthargie dépressive de Bella, nous avons opté pour des habits plus sombres, voire négligés, raconte Tish Monaghan. En fait, elle est tellement malheureuse qu’elle fait beaucoup moins attention à son apparence. »

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Au fur et à mesure que Bella sort lentement de sa dépression grâce à Jacob, se renaissance spirituelle se traduit par les couleurs plus vives de ses vêtements, avec des chemisiers aux manches courtes, des habits « plus gais », comme les qualifie la créatrice des costumes. La garde-robe de Jacob, elle, est conçue pour souligner le physique de Taylor Lautner. « Nous avons surtout cantonné Jacob aux T-shirts et nous avons même retaillé les manches pour donner plus de relief à ses muscles, raconte Tish Monaghan. Nous avons raccourcu les manches de ses chemises pour donner l’impression qu’il a grandi trop vite. Nous lui avons fait porter des bottes pour le grandir et chaussé Bella de talons plats pour renforcer leur différence de taille. Nous avons conservé des tonalités de brun pour Jacob et ajouté de la graisse sur ses jeans, car il passe beaucoup de temps dans son garage, là où se développe l’attirance tacite entre Jacob et Bella pendant qu’ils réparent les motos. Mais je voulais également montrer que les mondes de Jacob et d’Edward sont complétement aux antipodes, et que Bella est pris entre les deux. »

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Dans Tentation, la créatrice des costumes Tish Monaghan a modifié le look des Nomades, Laurent et Victoria.

« Notre réalisateur voulait un look plus élégant, moins rock and roll décadent« , explique la costumière.

La différence stylistique par rapport au premier film s’expliquerait facilement: Laurent et Victoria portaient les vêtements de leurs victimes.

« On sait que Victoria et Laurent sont d’humeur sanguinaire, raconte Tish Monaghan. Nous voulions que leurs costumes soient cohérents avec l’histoire, mais aussi ressortent bien à l’écran et collent à l’univers de couleur choisi. Pour Victoria, on a adopté un look plus stylé, pas trop terre à terre. Quant à sa « silhouette », autrement dit la forme que prennent ses habits autour de son corps, je recherchais de la fluidité, parce qu’elle court à travers les bois et plonge dans l’eau, et je voulais qu’on voie du tissu flotter derrière elle, pour indiquer le mouvement.« 

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« En ce qui concerne les Cullen, le nouveau réalisateur trouvait que leur monde (tel qu’il était présenté dans Twilight) se distinguait trop, au niveau des couleurs, du reste des habitants de la ville, explique la créatrice des costumes Tish Monaghan. Il voulait conserver cette dominante froide et grise, mais en bousculant très légèrement la palette de couleur. Il m’a demandé d’abandonner les teintes pastel, pour m’orienter vers des gris et des bleus. Bien sûr, les acteurs avaient déjà beaucoup réfléchi avec la précédente équipe de costumes et de maquillage, et le studio était content de leur apparence globale, donc je me suis arrangée pour satisfaire à la fois les voeux de Chris et honorer le travail précédent. »

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« Dans les 90% du film, Robert Pattinson apparaît dans la tenue qu’il porte pour la soirée d’anniversaire de Bella, explique la créatrice des costumes. C’est un costume de tweed gris, avec des petites touches de marron, bleu et vert. Je voulais un tissu d’une qualité qui évoque l’ancien temps. A la base, il s’agit d’un vêtement qu’il aurait pu porter avant de devenir un vampire, nous souhaitions que cette notion transparaisse un peu. Lorsqu’il disparaît, il éprouve aussi du chagrin, mais on ne le voit pas à l’image. Dès la première hallucination de Bella, il porte ce costume,car c’est l’image qu’elle a gardé de lui avant son départ. »

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Edward arrive en Italie complétement débraillé, dans le costume de tweed gris qu’il porte désormais depuis de smois.

« Depuis sa première apparition impeccable lors de la soirée surprise chez les Cullen jusqu’au moment où nous  le retrouvons en Italie, son costume s’est complétement élimé, il a perdu sa veste, son pantalon est crasseux et ses chaussures sont éculées,observe Tish Monaghan, sont l’équipe a géré le vieillissement du costume. Il a passé des mois à errer, seul, et il en est arrivé au stade où il est prêt à quitter la vie. »

Les Volturi auraient droit à deux jeux de vêtements, un pour cette scène des années 1800 du tableau qui prend vie et un pour l’époque contemporaine. Chacun soulignerait la hiérarchie sociale du clan, Aro, l’un des trois « Anciens », avec Caius et Marcus, se situant au sommet.

« Pour leur look XVIIIe siècle, j’ai opté pour les débuts du costume moderne, avec un manteau ajusté jusqu’au genou, explique Tish Monagha. Ils portent des culottes avec de longs bas et des bas chemises en mousseline avec un foulard autour du cou. Aro porte la tenue la plus claire, contrairement à ce qui se passe dans le monde contemporain, où le noir es tla marque de son statut et de sa puissance. Comme l’écrit Stephenie Meyer: « Aro était le plus sombre. » Après Aro vient Jane, puis les gardes Demetri et Felix, que j’ai habillés de gris tirant vers le noir. Je les ai imaginés dans des robes de juge car c’est la fonction qu’on leur voit occuper au XVIIIe siècle. Lorsque la peinture prend vie dans le film, ils se détournent et empruntent un corridor pour aller juger un vampire gredin. Leurs robes sont suspendues au dos des fauteuils et ils les revêtent. C’est la façon dont ils sont habillés lorsqu’Edward les rencontre. Il sont assis dans leurs robes de juge et nous pouvons voir leurs habits en dessous. J’ai essayé de rechercher les premiers habits de ce type en Toscane. Aro, lui, ne porte pas de robe, mais simplement un costume tout noir. »

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Le réalisateur avoue que sa décision d’habiller les spectateurs du festival, non seulement en rouge, mais aussi d’une capuche, a été totalement fortuite.

« Il a fallu préparer 963 costumes pour la place, dont 850 capes à capuche« , raconte Tish Monaghan, dont l’équipe de 18 personnes à Vancouver s’est vu prêter main forte par une équipe de 6 personnes. « Nous avons également loué une trentaine de costumes élisabéthains. Bella porte une chemisette vert foncé et des jeans bleus quand elle fonce sur ces pavés inégaux avant de déboucher sur la place rouge de monde. »

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LA COIFFURE

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« Kristen Stewart a dans l’ensemble gardé ses cheveux naturels, indique le styliste coiffure Thom McIntyre. Même si sa coiffure reste proche de celle de Twilight, elle varie un peu en fonction de son état émotionnel au fil de l’histoire, en commençant par l’atmosphère heureuse et optimiste du début. Dans la première partie du film, ses cheveux rappellent ceux des princesses de contes de fée, avec des boucles, très girly. Puis elle traverse différentes phases où elle ne s’occupe pas de ses cheveux, après le départ d’Edward. Quand elle sort de sa dépression, ellese coiffe de façon plus détendue, avec les cheveux souples. »

Le styliste coiffure Thom McIntyre, dont on peut admirer le travail dans des films comme « Sept ans au Tibet », « La neige tombait sur les cèdres » et « Paycheck », a travaillé en étroite collaboration avec Norma Hill-Patton, la maquilleuse.

« Sur Tentation, nous n’avions pas les coudées franches, à cause de ce qui avait été fait sur le premier film, mais nous devions quand même faire passer la vision de Chris et de Stephenie, et puis il y avait de nouveaux personnages, indique Thom McIntyre. Le maquillage des vampires était fondamental et leur coiffure devait venir en complément. »

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Le styliste indique qu’un « énorme travail de perruque » a été réalisé. Par exemple, Nikki Reed, dans le rôle de Rosalie, qui s’était décoloré les cheveux pour Twilight, a été affublée d’une perruque aux longs cheveux blonds dans la nouvelle production. Les dreadlocks du vampire Laurent appartenaient à une perruque industrielle de cheveux synthétiques dans le premier film, mais provenaient cette fois de vrais cheveux. Stacey Butterworth, perruquier et maillon important de l’équipe de Thom McIntyre, avec Gina SHerritt et Paul Edwards a fabriqué chaque perruque à la main.

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La technique consiste à commencer par dessiner l’implantation des cheveux d’un acteur, puis à créer une base en tulle, dans les trous de laquelle on implante des cheveux de différente couleur. Après avoir bien aplati les propres cheveux de l’acteur selon les besoins, on colle la perruque en place.

« Une fois que la perruque est fabriquée, on la coiffe et on la coupe tous les jours, comme si c’étaient des cheveux naturels, explique McIntyre. Le soir, on nettoie le tulle et on pose la perruque sur un support pour qu’elle conserve la forme de la tête. »

 

 

MAQUILLAGE

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Taylor Lautner a changé de physique grâce à un régime et un entraînement personnel, et la chef maquilleuse Norma Hill-Patton a décidé de renforcer l’impression de phase de croissance massive que traverse Jacob lorsqu’il devient un membre de la meute de loups. « Pour Jacob, je voulais créer l’illusion que soudain, en quelques jours, il passe de l’état de jeune homme tranquille et naîf à cette espèce de surhomme. Je lui ai d’abord donné une apparence très jeune, fraîche et innocente, avec une peau très lisse, sans cernes, et un peu de blush sur les joues. Mais ensuite, quand il change, il devient plus hâlé et ses traits sont plus marqués. J’ai conservé l’ombre naturelle que chacun a sous les yeux et j’ai ombré son nez, ses pommettes et sa mâchoire, avec une légère barbe. Je lui ai dessiné les yeux pour les rendre brumeux et je lui ai appliqué du mascara sur les sourcils pour les noircir et les épaissir. Toute la meute a eu droit au même traitement. Les gars avaient tous travaillé dur pour se muscler et nous leur avons donné un coup de pouce pour mettre leurs efforts en valeur. »

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Le maquillage de Laurenta évolué.

« Je caressais l’idée qu’il ressemble davantage à un vampire à la peau pâle, contrairement à ce que nous avions vu la première fois« , explique Hill-Patton

Le look des Cullen eux-mêmes est resté globalement fidèle à l’esprit du premier film, avec une légère retouche de maquillage par Norma Hill-Patton, maquilleuse personnelle d’Halle Berry sur ses films.

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 » Le réalisateur et moi recherchions un effet plus translucide sur la peau des vampires, confie Norma Hill-Patton. Les Cullen, comme tous les personnages de vampires, ont une peau très pâle, mais je ne voulais pas que leur lividité détonne trop par rapport à Monsieur Tout-le-monde, ce qui n’aurait pas été crédible. Après une somme de recherches et l’examen de tonnes de produits et de crèmes, j’ai trouvé la couleur idoine. Je recherchais à la fois une teinte, une harmonie et une bonne tenue, car les acteurs devaient porter leur maquillage par tous les temps. J’ai commencé par poser deux couches de fonds de teint différents, l’une sur l’autre, pour donner de la profondeur et ne pas obtenir un teint uniforme. Nous avons fixé le maquillage à l’aide d’un spray professionnel pour éviter qu’il ne coule. »

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« Le livre, comme le script, mentionne que la peau des Volturi ressemble à celle d’un oignon, explique Norma Hill-Patton. Alors , lors d’une réunion avec le réalisateur et les producteurs, j’ai apporté un oignon! Au niveau maquillage, j’ai donné à la peau des Volturi un aspect de perle, en rajoutant un pigment blanc nacré par-dessus l’autre base. Tous en noir, Les Volturi devaient avoir l’air ancien, sage et un peu irréel, je crois, au niveau de la lumière, de la coiffure et des costumes. Quand je dis irréel, je veux dire qu’ils devaient sembler un peu hors du monde. Il ne veulent pas que notre monde  sache que des vampires existent encore de nos jours, alors ils se sont repliés dans leur palais. »

 

 

LES QUILEUTE

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Pendant la courte période de préproduction, un membre de l’équipe de repérage visita le pays quileute dans l’état de Washington. « L’endroit est incroyablement beau, raconte David Brisbin. Vous roulez au milieu de cette forêt, en pleine montagne, vous amorcez une descente et tout à coup, vous découvrez ce site magnifique, une baie surplombée de cimes rocheuses. La ville est blottie sur la côte, à l’abri de ces hautes montagnes. Nous avons envisagé de situer la maison de Jacob au sein de sa communauté. Mais, dans l’intérêt de l’histoire, nous avons décidé de l’installer aux confins du territoire quileute. Nous avons découvert des endroits intermédiaires qui ne se trouvaient pas physiquement dans la réserve, mais qui y étaient rattachés, avec quelques habitations éparses, le plus souvent des fermes. C’est à partir de là que nous avons défini la symbolique de la maison de Jacob, la logique de son monde, qui est plus proche de la forêt que de la ville. Notre intention était de montrer toute la chaleur et l’authenticité de Jacob, poursuit David Brisbin, mais également sa relation très intense avec la forêt. Dans l’esprit de Chris, la maison de Jacob était comme une porte qui ouvrait sur l’univers de la forêt, où se dissimule la réalité de l’histoire des loups-garous. Il voulait donc que la distinction soit bien claire, étant donné les événements spéciaux qui s’y passent. Quant à la maison d’Emily, repaire des jeunes hommes de la tribu, elle est encore plus isolée de la vie normale, encore plus enfoncée dans les bois et plus connectée au monde magique dans lequel ils pénétrent et qu’ils apprennent peu à peu à connaître. »

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En dehors de Taylor Lautner pour Jacob, les autres acteurs étaient Chaske Spencer dans le rôle de Sam Uley (le chef de la meute), Kiowa Gordon dans le rôle d’Embry Call, Bronson Pelletier dans celui de Jared et Alex Meraz dans celui de Paul. Parmi les autres acteurs indiens, on peut citer Gil Birmimgham dans le rôle de Billy Black (père de Jacob), Tinsel Korey dans celui d’Emily, et le respecté Graham Green dans le rôle de Harry Clearwater. Rene Haynes, la directrice de casting, est venue prêter main forte à Chris Weitz et au responsable de la distribution Joseph Middleton. Elle est devenue experte dans le casting des rôles d’Indiens américains depuis Danse avec les loups et Le nouveau monde. Son travail a été celui de tout directeur de casting: trouver le meilleur acteur pour un rôle donné. « Mon agence (Rene Haynes Casting) a développé un rapport étroit avec les Indiens américains, explique Rene Haynes. Trouver la distribution de Tentation a été un travail fabuleux, parce qu’il n’existe pas des tonnes d’opportunités pour de jeunes acteurs indiens américains d’apparaître dans des films aussi populaires que la saga Twilight. Le casting a été énorme, ouvert à toute l’Amérique du Nord. »

Une fois de plus, la popularité de la série n’a pas été démentie: 20 000 e-mails de candidatures ont inondé les ordinateurs de Rene Haynes et de ses assistants Jeff Ham et Joanne Brooks. « J’éprouve une grande sympathie pour les jeunes acteurs d’origine indienne, et nous faisons en sorte de trouver de nouveaux visages pour tous nos films, ajoute Rene Haynes. Même si nous n’avons pas retenu un grand nombre de candidatures, j’ai pris des notes et conservé des CV, pour disposer d’un véritable vivier de jeunes talents.« 

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Tyson Houseman, jeune Cree originaire d’Alberta, au Canada, qui s’est installé à Vancouver dans l’espoir de mener une carrière dans le cinéma, a entendu parler du casting de Tentation par un ami. Comme d’autres futurs loups de la meute, il n’avait qu’une vagueidée de ce qu’était l’univers de Twilight et a été plutôt impressionné au début. « Lors du premier casting, il y avait des centaines de personnes, tous des fans purs et durs, se souvient Tyson. Quand j’ai su que j’avais le rôle, je n’ai pas du tout pensé aux fans. Puis quelq’un m’a dit: « Tu te rends compte qu’il y a des milliers de filles qui vont être complétement folles de ce film? » J’ai répondu: « Ouais, ça va être un peu bizarre » En réalité, c’esy plutôt cool. »Finalement, il a remporté le rôle de Quil. Même si Quil ne se transforme pas en loup-garou dansTentation, Tyson Houseman a pris part à l’entraînement physique avec les autres acteurs, et cette épreuve les a soudés. Même sur le plateau, ceux-là se lancent des défis de pompes et de tractions, accentuant le côté physique qui est propre à leurs personnages. « On s’est rapprochés à cause de ces séances d’entraînement, commente Chaske Spencer,  un Lakota Sioux qui incarne Sam, le chef de la meute. Nous avions des coachs pour nous maintenir en forme. Nous étions comme des frères et la meute créait cette alchimie particulière.« 

« J’aime bien l’idée que  nous formons une famille, précise Bronson Pelletier, acteur d’origine Cree et française, qui joue le rôle de Jared. J’ai moi-même beaucoup de frères, et ça m’a permis de mieux entrer dans la peau du personnage. »

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Chaske Spencer ne connaissait pas grand chose à la saga Twilight quand il est venu passé l’audition. Seules ses nièces l’avaient prévenu que « c’était super! » Pendant la période des auditions, il s’est préparé en levant des poids et en se plongeant dans la mythologie du récit, lisant les romans en plus du scénario. « C’est vraiment une super histoire: une histoire d’amour avec des loups-garous, déclare Chaske Spencer. Le film ressemble à une tragédie grecque, avec ce triangle amoureux entre les personnages principaux, et tous ces personnages secondaires, mais importants, qui gravitent autour d’eux. Il y a de l’action, de l’amour, des scènes de combats…Tout ce qui fait que nous allons au cinéma! J’ai mis beaucoup de moi en Sam, en injectant des éléments de mon propre passé dans son personnage. Je pense que Sam est une personne qui doit faire face à des circonstances extraordinaires et a été contraint à de grands sacrifices. Sam est comme un chef de police. Il a endossé le rôle de protecteur et aide les autres garçons dans leur expérience traumatisante de la transformation en loup, car lui, personne ne l’a guidé dans ce processus. A ses yeux, la relation entre Jacob et Bella n’est pas une bonne chose. Elle est amoureuse d’un vampire et ça n’arrange pas ses affaires à lui, qui tente de protéger son peuple.« 

On a demandé au chef décorateur David Brisbin de proposer un motif de tatouage pour la meute de loups, dans l’esprit Quileute. Lorsque David Brisbin a rendu visite à la tribu dans l’état de Washington, il a entendu des tas d’histoires tirées du folklore Quileute et y a trouvé une source d’inspiration.

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« L’un des éléments qui m’a vraiment marqué était que les loups fonctionnaient par paire car ils puisent leur « force dans l’union », explique David Brisbin. C’était un concept qui s’adaptait tellement bien à notre histoire que je me suis précipité pour en parler à Chris (Weitz), qui a décidé d’envisager un motif avec un double loup. La créatrice de tatouages de Vancouver, Iesza Snowdon, a été sollicitée pour la création d’un dessin avec des entrelacs. Elle a proposé 6 variantes aussi bien monochromes qu’en noir et rouge. Chris Weitz a opté pour un motif noir. Pour renforcer le concept d’unité, chaque membre de la meute arbore le même tatouage. »

 

 

LES CASCADES

Les scènes de plongeon de la falaise de La Push ont constitué de bons exemples d’ »effets invisibles ». Le plan est si convaincant que le public est persuadé que ce qu’il voit à l’écran s’est vraiment déroulé.

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« En fait, nous avons réalisé les séquences de plongeons dans 3 environnements différents, avec 3 types de prises de vue, puis nous avons composé les images, explique Susan Mac Leod. C’était un vrai puzzle. Le plongeon de Sam a été un de ces moments bénis des dieux où tout est en phase: la prise de vue finale ressemblait exactement à la « previz ». On l’a filmé en contre-plongée avec un mouvement de caméra incroyable. Pour remplacer Sam, nous avons fait sauter un cascadeur d’une tour d’une vingtaine de mètres, en studio, à Vancouver. Nous avons construit un fond vert immense d’une trentaine de mètres de haut et fabriqué un équipement caméra qui tombait à la vitesse de la gravité, en filmant un plan panoramique en contre-plongée. La caméra devait tomber pile au bon moment, le cascadeur a plongé dans l’airbag, en toute sécurité, pendant que l’orientation panoramique en contre-plongée de la caméra suivait le mouvement. »

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Quant au plongeon presque fatal de Bella, il a pris pour Kristen des allures de bain forcé dans une piscine de Vancouver. Prime Focus a reconstitué la roche autour de la piscine, avec un fond vert en arrière-plan pour permettre à l’équipe d’étendre numériquement la falaise et de créer des effets (eau sombre s’étendant autour de Bella). Au pied de la falaise, il y a du clapot, grâce à l’équipe des effets physiques, qui « remuait l’eau ».

« Les techniciens ont fabriqué un équipement très efficace pour créer des tourbillons, dont un énorme réservoir qui déversait des milliers de litres d’eau dans la piscine et donnait naissance à ces grosses vagues qui la heurtent, explique Eric Pascarelli. C’était plutôt mouvementé, et Kristen s’est retrouvée là-dedans sans broncher. »

« Elle est en très bonne forme physique, raconte J.J. Makaro, mais elle n’aime pas beaucoup l’eau, et cette journée a été éprouvante. Il y avait ces machines qui déversaient des tonnes d’eau sur elle. C’était plutôt effrayant, alors on l’a entraînée en piscine pendant deux semaines, car une grande partie de la scène se passe sous l’eau. Nous avons appris à Kristen à travailler avec l’eau et lui avons fourni un équipement de plongée, ce qui lui a permis de penser à autre chose et l’a aidée à oublier cet environnement aquatique. Pour la plupart des gens, c’est plutôt sympa de se retrouver dans une piscine, mais c’était le printemps et même si l’eau était chauffée, le fond de l’air était frais. Il fallait entrer et sortir sans arrêt, se faire engloutir sous des tonnes d’eau et passer sa journée immergée. Kristen s’est vraiment investie à fond. Elle m’a impressionné.« 

Une première scène dramatique de la transformation de Jacob montre l’acteur qui s’élance dans un bond spectaculaire et retombe sur le sol dans la peau d’un loup-garou de synthèse. Pour le tournage de la scène, le coordinateur des cascades, J.J. Makaro, n’a eu qu’à se féliciter d’avoir Taylor Lautner entre les mains.

« Taylor est un gosse très doué au niveau physique, il est très bon en arts martiaux, bouge bien et connaît son corps. Nous avons exploité ses talents dans tout le film. « 

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L’acteur était équipé d’un harnais qui comportait des points d’ancrage pour les câbles, de sorte que l’équipe des cascades pouvait le « faire voler » (les câbles étaient ensuite effacés numériquement).

« Ca, on ne pouvait pas le recréer en studio, note J.J. Makaro. Nous faisions les prises de vue dehors. En général, il y avait deux grues entre lesquelles des filins étaient tirés; on y attachait des poulies et une roue à rochet, fonctionnant comme un poids-mort pneumatique, pour vous propulser dans les airs. »

 

Pour la cascade où Jacob saute au-dessus de Bella lorsqu’il se transforme, il fallait non seulement que l’acteur réussisse son départ, mais qu’il se fige en l’air, là où il se transformerait instantanément en loup-garou. On a utilisé un réseau de câbles pour ralentir l’acteur et l’aider à rester suspendu en l’air, mais la composante temps était également à prendre en compte.

La présence de Victoria, telle une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête de Bella, reste menaçante pendant tout le livre. Elle est recherchée lors d’une battue organisée par Charlie par un groupe qui est loin de se douter qu’il fait la chasse à un vampire sans foi ni loi. Les scènes ont réellement été tournées en forêt, et l’actrice Rachelle Lefevre s’est portée volontaire pour toutes les cascades volantes que l’équipe de J.J. Makaro a pu imaginer, pour les bonds fantastiques que réalise son personnage d’arbre en arbre.

« Tous les acteurs de ce film voulaient faire ce que font leurs personnages et autant de cascades que je les autoriserais à faire. Ils se sont tous donnés à 100 , affirme J.J. Makaro. Pour le personnage que joue Rachelle, on tournait dans la forêt et elle devait s’élever entre 3 mètres 50 et 6 mètres. On ne voulait pas qu’elle flotte dans les airs, mais qu’elle s’envole d’un arbre et vole suffisamment près de l’arbre suivant pour pouvoir l’attraper. Mais on était sur le fil du rasoir et elle pouvait se cogner plutôt fort chaque fois qu’elle arrivait sur un arbre. Rachelle s’est pris de bons bleus pour l’équipe. Elle avait une doublure cascade phénoménale et elles testaient tout. J’avais donné à Rachelle une échelle de difficulté de 1 à 10, la dernière cascade qu’elle n’avait pas trop aimée. Je lui disais:  » Là, on a un niveau 7″ Elle me répondait simplement: « Harnache moi » Ce qu’elle faisait était vraiment impressionnant. »

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Pour la rencontre entre les Volturi et Edward, Bella et Alice Cullen, une des premières ébauches du script imaginait une bataille en règle.

« Dans le livre, Jane paralyse Edward, mais pour le film, nous voulions un peu plus de panache, alors nous avons introduit l’idée d’une bataille rangée, se rappelle Melissa Rosenberg. Edward combattait contre tous les gardes qui se trouvaient là, Alice se battait, Edward était projeté au plafond, des vampires volaient dans tous les sens…Ce que j’avais écrit coulait la moitié du budget! C’est toujours la même vieille histoire d’Autant en emporte le vent: « Et Atlanta est dévastée par un incendie. » Stephenie m’a recadrée et nous avons opté pour une scène plus appropriée. Stephenie a fait remarquer que le don de Felix est de se battre, ce qui suffit à stimuler l’agressivité d’Edward. »

J.J. Makaro, le coordinateur des cascades, a souligné que l’objectif n’était pas de montrer une bataille de superhéros extraordinaire et qu’Edward n’était pas un spécialiste d’arts martiaux voulant exhiber ses talents.

« Edward est l’exemple type du gars qui se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment, explique J.J. Makaro. Le gros  de la bagarre se joue entre Edward, Felix et Demetri. Quant à Bella, nous avons essayé de la montrer comme une humaine coincée au beau milieu d’une bataille de vampires. On a utilisé des câbles, mais on a également voulu mettre l’accent sur le combat à mains nues à la vitesse des vampires, ce qui, sur Tentation, signifiait « au ralenti ».  Le ralenti est la grande signature de la bagarre, poursuit-il. Nous voulions que le combat se joue sur la terre fermer, sans grandes envolées dans les airs ni explosions contre les murs. C’était plutôt de la lutte où chacun s’attrape, se bouscule et se frappe. »

Cette scène passerait également à différentes vitesses, selon la perspectives adoptée (du point de vue de Bella qui regarde ou des vampires qui se battent).

« Nous avons découvert que si nous accélérions la vitesse de la caméra, le résultat était assez ridicule, ajoute J.J. Makaro. Nous avons consacré beaucoup de temps à définir les vitesses optimales pour certains mouvements. »

 

 

 

 

LES LOUPS GAROUS

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Les loups-garous, d’après le roman de Stephenie Meyer, devaient être des loups grands comme de petits chevaux.

« Quand je suis arrivée sur le film, créer les loups a été ma priorité numéro un« , explique Susan MacLeod, responsable des effets visuels et productrice. « Le truc, c’est que ce sont de vrais loups qui marchent à 4 pattes, et pas des créatures anthropomorphiques avec des poils sur le visage et les mains. Ils peuvent se transformer d’humains en loups très rapidement. Cette métamorphose, c’est pas de la tarte à réaliser!« 

Pour faire vivre les loups, il a fallu réaliser des « plates », ou plaques, c’est-à-dire l’imagerie photographique à laquelle seraient intégrées les créations numériques, pendant le tournage, aussi bien avec la première équipe de Weitz qu’avec la deuxième équipe chapeautée par Phil Neilson. Ces plaques ont été filmées avec une Vista Vision, une caméra d’un format spécial très large, dont le négatif fait 2 fois la taille d’un film 35 mm normal. Susan MacLeod a d’abord mis sur pied une équipe spécialisée dans les prévisualisations pour développer les plans des loups. Pour savoir comment représenter Jacob, Sam, Paul, Embry et Jared en loups, cette équipe a étudié des photos dans des livres et sur Internet.

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« Les raisons de notre présence sur le plateau ne maquent pas, confirme Matt Jacobs, co-responsable des effets visuels chez Tippett Studio. Comme nous travaillions avec des loups de la taille de chevaux, nous devions baliser les plans pour que le réalisateur, l’équipe de prise de vue et les acteurs sachent en face de quoi ils jouaient…Après tout, le loup n’est pas là pendant le tournage. »

En guise de repérage visuel, les techniciens des effets spéciaux ont découpé des silhouettes de loups dans du carton et de l’aluminium, pesant environ 10 à 15 kilos, et transportables grâce à un trou sur le côté ménagé à cet effet. Pendant les réglages caméra, on les déplaçait pour donner une idée basique de l’action. En plus de ces 4 silhouettes, on avait placé une tête de loup sur une perche qui jouait le rôle du 5ème et servait à simuler les actions dynamiques.

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« On prenait n’importe qui de disponible pour baliser les plans, remarque Matt Jacobs. Une fois qu’on avait les références en tête et qu’on avait répété, on retirait les faux loups et on filmait pour de vrai. Quand on est repartis dans nos ateliers, ces silhouettes de remplacement se sont révélées des références importantes pour nos animateurs. »

« Monter des effets visuels, c’est à la fois amusant et assez bizarre, se rappelle le monteur Peter Lambert. Ils avaient tourné un plan de Bella en train de s’enfuir en courant et il y avait une plaque où on voyait simplement une zone vide à l’endroit où les loups étaient supposés se tenir. Ca peut paraître assez absurde. J’ajoutais des effets de sons temporaires, comme des hurlements et des grognements de loups, pour apporter un peu de vie. Les techniciens des effets visuels créaient une animation sur la base des timings et des angles que j’avais choisis, donc ils savaient qu’ils ne devaient pas animer une scène sur 8 secondes, si on allait n’en utiliser que 5. »

Pour peaufiner leur préparation, les artistes de Tippett ont étudié le mode de vie des loups qui sont organisés en société très hiérarchisée: le mâle alpha domine les bêtas, généralement des chasseurs, et les omégas, en bas de l’échelle.

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« Sam est le mâle alpha de l’histoire, explique Matt Jacobs. C’est aussi le plus grand, il se transforme en loup noir. Nous avons essayé de donner à nos modèles de loups les caractéristiques des acteurs. Par exemple, celui de Sam est un peu plus grand que les autres. Paul étant plus musclé, son loup est un peu plus costaud et agressif. Embry est plus fin et son loup est donc plus petit. On les a distingués par des couleurs et des marquages différents. Il était important pour nous de bien typer le loup de Jacob. Il est de couleur brun-roux, et dans l’animation on lui a donné un port noble et fier. »

En février 2009, des créateurs de Tippett sont allés voir des animaux réels.

« Comme ils devaient créer des loups réalistes, mon but était que les responsables du département observent de vrais loups, explique Matt Jacobs. J’ai entendu parler  d’un endroit, près de Los Angeles, appelé Wolf Mountain Sanctuary. Il s’agit d’un refuge où des loups sont recueillis, par exemple, des louveteaux adoptés comme animaux domestiques, puis abandonnés quand ils grandissent. Des clans de loups cohabitent dans des enclos. »

 

LES EFFETS VISUELS

De gros « effets vampires », comme les a baptisés Susan MacLeod, ont été ajoutés.

« Même si on ne pouvait pas créer de vampires numérisés à cause du manque de temps, nous avions la volonté d’accentuer leur nature surnaturelle par l’illusion d’une super vitesse, et de le faire sous l’ oeil de la caméra. J’ai récupéré des références d’effets de vitesse et monté une bobine, mais le résultat n’était pas à la hauteur, c’était plutôt ridicule et saccadé. En revanche, on a adoré le ralenti, qui était très évocateur et procurait une impression d’hyperréalité. Le ralenti vous transposait dans leur monde. »

Le retour de Bella dans la clairière, où elle avait été pour la première fois subjuguée par la peau scintillante d’Edward tourne au cauchemar quand Laurent apparaît, l’eau à la bouche devant la chair sucrée de cette mortelle, jusqu’ à ce que Jacob, accompagné de sa meute de loups, se précipité pour la sauver.

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 » Nous avions prévu de tourner la scène de la clairière en commençant par un travelling en Steadicam sur Bella, puis de passer en 360 degrés sur Laurent, explique Aguirresarobe. La lumière naturelle a varié en intensité pendant la séquence qui durait une minute, mais malgré quelques difficultés, j’ai eu de la chance avec la météo et le timing, et j’étais très satisfait du résultat. »

Pendant tout le film, les moments de témérité de Bella déclenchent la présence spectrale d’Edward, une influence bénéfique qui l’incite à s’éloigner du danger.

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« Le cinéma est un média visuel, et plus on voit Rob Pattinson, mieux c’est! Donc, l’idée, c’était non pas juste de l’entendre, mais aussi de le voir, explique Susan MacLeod. Comme c’est une innovation par rapport au roman de Stephenie Meyer, il a fallu improviser. Le terme « apparition » évoque pour moi la fluidité. Je pensais à de l’eau et Chris a songé à des flammes, par exemple Edward portant une torche pour Bella: une image qui a tout de suite fait tilt. Une flamme est dotée d’un mouvement élégant et fluide. Nous sommes partis de cette idée et nous avons sélectionné beaucoup d’images de flammes, que j’ai ensuite transmises à Prime Focus. »

Pour réaliser l’effet lui-même, Robert Pattinson a été filmé contre un fond vert, puis l’image résultante a été composée avec les scènes d’action live et manipulée jusqu’à  l’obtention de l’effet voulu.

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« Il nous a fallu créer cette espèce de modulation subtile, indique le responsable des effets visuels Eric Pascarell. Dès le début, nous avons décidé avec Susan d’éclairer avec un un grand soin le fond vert pour que la lumière corresponde à celle de la plaque d’arrière-plan, et éviter tout décalage chromatique. Comme certains des plans n’étaient pas fixes, nous avons dû filmer les plaques sur des chariots de travelling et des caméras manuelles, puis appliquer la technique de match-moving et générer un fichier Motion Control  pour qu’on puisse filmer le fond vert d’Edward  par un mouvement de caméra identique. »

Edward a un plan pour se suicider: il veut aller défier directement les Volturi, en se rendant dans leur repaire secret de la cité italienne de Volterra. Il prévoit de s’exposer en pleine lumière au milieu de la place principale, à midi, pour que les rayons du soleil révèlent sa véritable nature aux habitants de la ville. Il y a plusieurs scènes dans le film où l’aspect scintillant de la peau d’Edward apparaît, notamment dans un flashback sur la scène de la clairière de Twilight, comme le remarque Eric Pascarelli. Prime Focus devait créer cet effet, qualifié de « diamond guy » (l’homme aux diamants) par Susn MacLeod. On réinterpréterait ce qu’on avait vu dans le premier film. Cet effet a permis, comme l’apparition, une autre exploration créatrice subjective.

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« On n’était pas trop sûr de l’effet de l’homme aux diamants, parce que c’est quelque chose qu’on n’a jamais vu de notre vie, admet Susan MacLeod. J’ai donc réuni plein d’images de neige, de glace et de marbre. Nous savions qu’il nous faudrait un effet 3D qui collerait exactement à la tête de Rob pour éviter tout décalage avec ses mouvements de tête. On l’avait déjà scanné pour le premier film, mais le corps évolue, alors on l’a rescanné pour Tentation. Rob est déjà très beau, maison voulait le rendre sublime dans les scènes où il brille, comme la neige au soleil. »

« A partir du scan du visage, du cou et du torse de Robert Pattinson, nous avons créé une image de synthèse du vrai Edward, explique Pascarelli. Nous devions »pister » chaque mouvement de caméra, puis faire coïncider les mouvements de l’Edward numérisé avec le vrai Edward. Pour l’effet diamants, les animateurs ont défini un maillage de points, sur lesquels des étincelles s’animaient en fonction des mouvements de l’acteur. Il ne s’agissait pas d’un effet de scintillement, mais vraiment d’un travail de précision, ces bouts de diamants… Il fallait positionner les bons marqueurs pour fixer cet effet diamanté sur son visage.Chaque particule apparaît plus lumineuse, ce que j’appelle la « puissance de la balistique », comme un phare dans la nuit noire qui s’éclaire d’un seul coup et vous éblouit. Nous avons décidé de nous inspirer du brillant du marbre de l’île grecque de Thasos, utilisé pour façonner des statues. D’ailleurs, j’ai toujours imaginé que l’auteur avait cette référence en tête. De structure cristalline, cette pierre possède un scintillement qui rappelle celui des diamants. Une autre source d’inspiration a été la façon dont Tiffany éclaire ses diamants et dont les facettes de la surface brillent au contact de la lumière. Nous sommes partis de ces points de départ et nous avons rajouté à ces éléments une légère transparence. »

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« A un moment, la tête d’Edward s’écrase par terre sur le marbre et on voit sa peau de vampire se craqueler, comme le sol. On pense que c’en est fini d’Edward, mais sa blessure se guérit en un clin d’ oeil. J’ai interpellé Chris: « Cette guérison spontanée, c’est pas plutôt un truc de loups? », se souvient Susan MacLeod. Il m’a répondu: « Ouais, je ferais mieux d’appeler Stephenie » Il lui a donc téléphoné et elle lui a sa bénédiction! Au moindre doute, on passait systématiquement par Stephenie, car elle  toute la mythologie de l’histoire dans la tête. »

Pour obtenir cet effet, Prime Focus a créé un sol numérisé et un effet de craquelure numérisée sur le visage d’Edward.

« On a utilisé la même technique de match-moving que pour le visage aux diamants, où le modèle numérisé du visage de l’acteur est animé de façon parfaite selon l’image du film », raconte Eric Pascarelli.

 

LES VOLTURI

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Le premier aperçu que Bella a des Volturi provient d’une peinture des Cullen, qui représente les vampires aristocrates dans les années 1800, debout sur un balcon et regardant de haut « une scène d’orgie », selon les termes d’Eric Pascarelli. Dans un de ces raccourcis magiques que permet le grand écran, la caméra entre dans la scène du tableau et remonte dans le passé.

« Nous avons filmé les acteurs Volturi sur un balcon, ce qui correspondait à la moitié supérieure du tableau, explique Eric Pascarelli. Nous avons sélectionné une image, à partir de laquelle nous avons généré un tableau. Cette prise de vue  a été très complexe pour nous, car il fallait que le mouvement de la caméra pénétrant dans le tableau s’adapte parfaitement à ce tableau encadré verticalement et fournisse une transition parfaite avec l’action live. »

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